Porté par une hausse d’environ +97 % depuis le 1ᵉʳ janvier, l’argent devance l’or et le bitcoin. Cette surperformance s’explique par un déséquilibre fondamental devenu chronique. L’offre peine à couvrir une demande industrielle soutenue, si bien que le marché reste structurellement déficitaire. Dans ce contexte, les analystes demeurent globalement positifs.
L’argent peut-il ainsi prolonger sa dynamique haussière et quels en seront les moteurs ? Pourquoi investir dans l’argent en 2026 ?
L’argent détrône l’or et le bitcoin
La surperformance de l’argent est anticipée depuis des années par de nombreux spécialistes. En effet, cette dernière s’explique par la rareté du métal et une demande structurellement croissante. Le déficit d’offre persistant en 2025 a coïncidé avec un plus haut de treize ans début juin (environ 35,8 $ l’once). Les stratèges rappellent toutefois que l’argent reste intrinsèquement volatil. Le World Silver Survey dresse un tableau du marché de l’argent pour l’année 2024. Sur l’année écoulée, la demande totale a diminué de 3 % à 1,16 Boz. Cette tendance s’explique essentiellement par un essoufflement de l’investissement physique (pièces & lingots) ainsi que d’une baisse modeste des segments photo et argenterie. En contrepartie, la demande industrielle (électronique & électrique, dont solaire) bat un record à 680,5 Moz (+4 % YoY), prolongeant une séquence de nouveaux records. Cette demande croissante pour l’argent est portée par le photovoltaïque dont la demande a grimpé de +140 % en seulement 8 ans. Mais elle est aussi portée par l’électronique en général du fait des voitures électriques, de l’intelligence artificielle et des data center, etc.Les prévisions l’argent des grandes banques 2025 - 2026
Pour le reste de l’année 2025, le consensus des grandes banques est généralement autour de 50 $ à 60 $ l’once. En cas de débordement haussier, le prix de l’argent pourrait même dépasser la zone des 60 $–65 $ l’once, porté par une demande continue et des tensions sur l’offre. Les prévisions montrent un biais haussier conditionné par les facteurs macroéconomiques et le rôle du métal dans les marchés physiques. Par exemple, UBS anticipe un prix autour de 60 $ l’once en 2026, avec un maintien de la dynamique haussière si les incertitudes macro persistent. Dans le même esprit, Bank of America projette une moyenne autour de 50–56,25 $ et un pic possible à 65 $ l’once, soutenu par un déficit structurel et l’intérêt des investisseurs. Citi, de son côté, voit encore un risque d’accélération vers 60–70 $ si la tension sur l’offre se prolonge et si l’or poursuit son rôle de catalyseur. À l’inverse, Scotiabank reste plus prudent, estimant un niveau plutôt modéré proche de 33–34 $ l’once en 2026 dans un scénario moins favorable. Enfin, certaines prévisions extrêmes envisagent même des prix significativement plus élevés si les pressions sur l’offre et la demande physique persistent, bien que ces scénarios restent minoritaires.
